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Sud-Ouest - Mar 01 Juillet 2003
Deux filières pour apprendre

Deux filières pour apprendre

MUSIQUE.
L'école nationale et le conservatoire municipal se partagent les apprentis musiciens de l'agglomération. Mais leur tentative de fusion a échoué

Deux filières pour apprendre

- L'école nationale
Statut.
Gérée par le conseil général et les 113 communes adhérentes à un syndicat mixte (Périgueux n'y participe pas, mais la plupart de ses banlieues y sont).
Enseignement.
1442 élèves de toute la Dordogne (dont 250 uniquement sur le secteur de périgueux).
Moyens.
81 professeurs enseignent 25 instruments et disciplines. Le budget annuel est de 2,2 M€ (dont 1,45 M€ de subvention du Conseil Général).
Inscriptions.
Au siège départemental à Périgueux dans le quartier de la Grenadière, 6 rue Albert Pestour (05.53.45.60.50). Coût pour une année de cours d'instrument et de formation musicale, par trimestre : 285 € pour un enfant, 315 € pour un adulte. Pour les habitants des communes non adhérentes le tarif est multiplié par deux.

- Le conservatoire municipal
Statut.
Géré par le centre culturel de la Visitation et financé par la mairie de Périgueux. II délivre des diplômes territoriaux qui est reconnu par certains conservatoires.
Enseignement.
700 élèves pour la musique et la danse, enfants et adultes, la moitié de la commune de Périgueux.
Tous les cours ont lieu dans les locaux de la Visitation.
Moyens.
40 enseignants pour une trentaine de disciplines (dont la danse et les orchestres). Le budget annuel est près de 1 M€.
Inscriptions.
A la Visitation, rue Littré, 24000 Périgueux. Tél. 05.53.53.75.29.
Coût pour une année de cours d'instrument et de formation musicale : 183 € pour les enfants, 320 € pour les adultes. Pour les habitants des communes hors Périgueux 228 € et 400 €.


Hervé Chassain

Dans l'agglomération périgourdine, l'école nationale (à financement départemental) et le conservatoire municipal, sont deux structures de formation musicale publiques qui permettent de s'initier à quasiment tous les instruments imaginables. Mais on peut trouver étonnant qu'elles ne mettent pas leurs moyens en commun. C'est pourtant un vieux projet, qui fut sur le point de se réaliser l'an dernier, mais qui a été ajourné sine die.
« Nous y avons travaillé trois ans, on était en phase finale, mais ça n'a pas abouti », reconnaît Dominique Saby, le directeur du conservatoire municipal.
« Le gros travail de fond avait été fait, mais c'est sur le plan financier que nous n'avons pas réussi à trouver d'accord avec le département »,explique l'adjointe à la culture Sylvie Laurent Sauvage.

Mariage ajourné. L'écart des tarifs pratiqués qu'il aurait fallu mettre à niveau pour les élèves semblait insoluble.
Ainsi ceux qui n'habitent pas Périgueux ou l'une des villes adhérentes du syndicat mixte départemental auraient vu leurs frais d'inscription doubler (l'écart actuel pour les élèves de l'école de musique n'habitant pas le bon secteur, alors que le surcoût demandé au conservatoire ne dépasse pas 20 %).
Ni la mairie de Périgueux ni le Conseil général n'étant prêts à rallonger leur subvention de fonctionnement à ces structures (alors que la fusion aurait dû permettre des économies), le projet a été ajourné. « Aujourd'hui on travaille plutôt à un mariage pédagogique », explique Francis Célérier qui assure par intérim la direction de l'école nationale. Un partenariat a permis la création des classes aménagées musiques à Périgueux (voir ci dessous).

Ecart de tarifs. Les tarifs sont effectivement assez différents, mais ne représentent pas la même chose. « Nous avons choisi de développer l'enseignement musical en milieu rural et que le coût soit le même pour tous nos élèves, que tout le monde puisse accéder à la musique » , explique Dominique Rousseau, conseiller général de Bergerac qui préside l'ENM. C'est une forme de solidarité culturelle qui explique donc en grande partie cette différence de prix. L'école assure aussi des animations musicales gratuites dans les écoles des communes adhérentes.
Pour l'usager même hors zone, l'inscription au conservatoire municipal de Périgueux reste l'offre la moins chère. L'ENM met en avant la qualification de ses professeurs et « le label national » de son diplôme. « Nous participons aussi à la vie culturelle avec près de 300 auditions ou représentations musicales par an », rappelle son directeur.

Inscriptions ouvertes. Les études, qui suivent le rythme scolaire, se font en trois cycles d'environ quatre ans. Ceux qui arrivent au bout ont même un diplôme qui ouvre à la voie professionnelle. Dans les deux structures, la pratique d'un instrument s'accompagne aussi toujours d'une formation musicale (solfège, chant, histoire de la musique) mais aussi d'une pratique d'ensemble. L'éveil musical peut débuter dès le niveau maternelle et les adultes de tout niveau peuvent trouver leur place dans les cours.
L'instrument le plus demandé reste le piano, suivi par la guitare. Cordes (violon, alto, violoncelle) et vents (flûte, clarinette, trompette) sont aussi assez demandés.
Les inscriptions commencent dès maintenant, mais pour les débutants qui s'inscrivent tardivement il ne reste souvent des places que pour des instruments plus rares comme le tuba, le cor ou le clavecin...


Clos-Chassaing, un collège très musical :

Lorsque, dans deux ans, les classes musicales existeront à tous les niveaux, le collège Clos-Chassaing pourra compter jusqu'à une centaine d'élèves dans ses sections CHAM. Autrement dit, classes à horaires aménagées musique (comme il existe dans d'autres établissements des classes pour le sport). Lors de la prochaine rentrée, une quinzaine de nouveaux élèves sont attendus en sixième, mais à terme ils pourraient être 25 au total par classe.
Depuis deux ans, c'est une expérience unique en Dordogne qui est menée dans ce collège de quartier qui permet à ses élèves d'intégrer leurs cours de l'école nationale ou du conservatoire municipal (à la prochaine rentrée).
Le partenariat entre les deux structures et l'Éducation nationale, permet jusqu'à 6 H 30 de musique par semaine: instrument, formation musicale, chorale...
Les professeurs du collège et des deux établissements publics se partagent ces enseignements, la plupart du temps dans le collège. La pratique d'ensemble est favorisée et le principal Michel Testut rêve à terme de voir évoluer un orchestre dans l'établissement.
« L'enseignement musical est porteur d'intégration », pense Francis Célérier qui a fortement accompagné ce projet. Même intérêt du côté de la ville de Périgueux où Dominique Saby qualifie le projet de « viable et intéressant ».
Cette CHAM est et restera unique en Dordogne.
Mais pour les élèves qui voudraient poursuivre dans une voie musicale scolaire, c'est vers Bergerac qu'il faut aller pour trouver une seconde A3.

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